Risque et heuristiques : comment apprendre à améliorer ses décisions?

Ce programme de recherche s’inscrit dans la continuité des résultats obtenus sur les biais dans la prise de décision. Il implique d’un point de vue épistémologique de distinguer les modèles normatifs, descriptifs et prescriptifs de décision.

Les modèles normatifs tentent d’établir comment des personnes « idéalement rationnelles » devraient se comporter. Le raisonnement hypothético-déductif est employé et le langage mathématique est l’expression naturelle de ces recherches. Les modèles imaginés sont alors souvent fondés sur une axiomatique représentant une « rationalité », dont on dérive une règle de comportement décisionnel idéale (il importe de noter que dans ce contexte il n’existe aucun problème de mise en œuvre, la volonté ne fait jamais défaut, par hypothèse). C’est le résultat le plus courant de la production intellectuelle des économistes, notamment en raison de l’utilisation de deux règles méthodologiques : l’individualisme méthodologique et la formalisation de la rationalité. La cohérence interne du modèle est le critère de validité déterminant du modèle.

Les modèles descriptifs proposent de répondre aux questionnements du type « comment les personnes se comportent-elles effectivement ? » et donc « comment rendre compte des observations documentées (dans les laboratoires, sur les marchés et dans les organisations) ? ». Les méthodes de recherches employées privilégient une démarche inductive, permettant de définir des catégories qui rendent compte des comportements observés. C’est le positionnement habituel des psychologues et des sociologues. La conformité des modèles aux faits relevés est le critère déterminant de validité des modèles.

Les modèles prescriptifs ont pour objet est « d’aider une ou des personnes face à agir dans une situation singulière ». Pour notre propos, c’est surtout la création de cette catégorie qui importe, puisqu’elle s’oppose à la généralité « idéale » des modèles normatifs, en intégrant des résultats descriptifs généraux et surtout la singularité des situations affrontés. C’est la posture qui me semble la plus courante du gestio-logue : celui qui effectue des recherches empiriques publiques sur les « abrégés du vrai et du bien » qui se trouvent dans l’esprit des managers et prennent forme dans des procédures, des organisations. Faire à cet égard des sciences de gestion, c’est rendre public ces abrégés du vrai et du bien (souvent implicite) et surtout tester leur pertinence dans les « situations de gestion » qu’ils sont censés traiter. On construit ainsi, une identité spécifique du « gestio-logue » vis-à-vis du sociologue, du psychologue ou de l’économiste. Le critère au fonds de validité de ses modèles est leur usage par les managers. C’est pourquoi sa méthodologie se fonde sur l’intervention (recherche/action).

Publications

 2008 : « Evaluer la performance managériale dans un monde incertain », Colloque « GRH et performance de l’entreprise », Nov , Oujda, en collaboration avec Marc Lassagne.

2008 : « Le manager héros ou apprenti : quelles leçons tirer des résultats sur la prise de décision », Actes du colloque Former des managers : une utopie ? Rabat, Mai.

2002 : « La correspondance des cadrages » ; Note de Recherche GRID (Groupe de recherches sur le risque l’information et la décision – UMR CNRS 8534) NR GRID 2002

1998 : « La validation d’une méthode d’aide à la décision »  communication à la XIV journée des IAE. IAE 98

1995 Thèse de doctorat « L’aide à la cohérence stratégique »

Titre & Résumé – Sommaire – Introduction – Part1 – Part 2 – Part 3 – Conclusion – Annexes Bibliographie

Travaux en cours

Des interventions en entreprise à l’occasion des stages (6 mois) des étudiants du MGR et du SDMR. Ces travaux sont confidentiels, il faut me contacter si vous souhaitez en apprendre davantage.