Devant le déluge de données

Mercredi 25 Janvier

Je terminais mon précédent billet par les nombreuses questions associées à ce monde nouveau de la connaissance qui nait avec l’internet. La société de la connaissance de P. Drucker n’est plus celle de l’école ou de l’église mais celle du déluge des données.  Internet offre des centaines de millions de pages, une myriade d’explications très souvent contradictoires. La mise à disposition à une échelle encore jamais expérimentée dans l’histoire de l’humanité de conjectures, d’hypothèses disponibles et accessibles constitue un nouvel environnement de la connaissance.

Dans cette situation, il y a urgence absolue pour chacun de différencier le vrai du faux, ou à tout le moins d’attribuer très vite un degré de crédibilité, de confiance à toutes ces propositions alternatives.

Gérald Bronner, dans son ouvrage « la démocratie des crédules », révèle à ce propos des faits qui donnent à penser. Citons quelques-uns de ses résultats (p 70 à 75).

Nous savons tous que l’immense majorité des internautes en France utilise Google comme moteur de recherche. Nous savons tous aussi que parmi les clés d’orientation des réponses affichées après une recherche figure le nombre de consultation de la page en question.

Ainsi, Bronner obtient les résultats suivants sur les 30 premiers sites proposés par ce moteur de recherche lorsqu’on recherche les mots psychokinèse, Loch Ness, Astrologie.

Psychokinèse (capacité prétendue à déplacer mentalement un objet) : 17 favorables, 6 défavorables et 7 neutres.

Existence du monstre du Loch Ness : 14 favorables – 4 défavorables – 4 neutres – 8 non pertinents.

Astrologie : 28 favorables – 1 défavorable – 1 non pertinents.

Leçon 1 : Attention, la popularité d’un site ou le classement d’un moteur de recherche n’est pas un indice de vérité.

(A suivre)